Vous les voyez tous les jours. Vous appuyez dessus plusieurs fois par jour. Et pourtant, il y a de fortes chances que vous les utilisiez complètement mal.
Ces deux boutons sur le dessus de vos toilettes.
Un petit. Un grand. Parfois côte à côte, parfois l’un dans l’autre.
Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi il y en avait deux ? Ou avez-vous simplement pris l’habitude d’appuyer sur le plus grand — comme 90% des gens — sans jamais vous poser la question ?
Si c’est votre cas, ce que vous allez découvrir dans cet article risque de vous faire voir votre facture d’eau sous un angle complètement différent.
Car cette “erreur” que vous répétez peut-être plusieurs fois par jour vous coûte littéralement des centaines d’euros chaque année.
Et le pire ? La solution est d’une simplicité déconcertante.
Le mystère des deux boutons enfin révélé
Commençons par le commencement.
Ces deux boutons ne sont pas là par hasard. Ce n’est pas un choix esthétique des designers. Ce n’est pas non plus un gadget marketing pour faire “moderne”.
C’est une technologie pensée, calculée, et conçue pour une raison très précise : vous faire économiser des milliers de litres d’eau chaque année.
Le petit bouton libère entre 3 et 4,5 litres d’eau. C’est le volume exact nécessaire pour évacuer les déchets liquides.
Le grand bouton déclenche entre 6 et 9 litres d’eau. C’est la quantité requise pour éliminer les déchets solides.
Vous voyez où je veux en venir ?
Si vous appuyez systématiquement sur le grand bouton — comme la majorité des gens — vous utilisez 6 à 9 litres d’eau même quand 3 litres suffiraient amplement.
À chaque fois.
Plusieurs fois par jour.
365 jours par an.
Faites le calcul. Le résultat est vertigineux.
Les chiffres qui font mal au portefeuille
Posons les choses clairement avec des données concrètes.
Une personne utilise ses toilettes en moyenne 6 à 8 fois par jour. Sur ces utilisations, environ 80% concernent des besoins liquides — ceux qui ne nécessitent que le petit bouton.
Maintenant, imaginons deux scénarios.
Scénario A : Vous appuyez toujours sur le grand bouton
Prenons une moyenne de 7 utilisations quotidiennes à 7 litres par chasse. Cela représente 49 litres d’eau par jour. Par personne. Soit environ 17 885 litres par an.
Pour un foyer de 4 personnes ? Plus de 71 000 litres annuels rien que pour les toilettes.
Scénario B : Vous utilisez le bon bouton au bon moment
En utilisant le petit bouton pour 80% de vos besoins (5-6 fois par jour à 3 litres) et le grand bouton pour les 20% restants (1-2 fois à 7 litres), vous consommez environ 25 litres par jour.
La différence ? Près de 24 litres économisés quotidiennement. Par personne.
Sur une année, pour un foyer de 4 personnes, cela représente plus de 35 000 litres d’eau économisés.
Trente-cinq mille litres.
En appuyant simplement sur le bon bouton.
Combien ça représente sur votre facture ?
Traduisons ces litres en euros, parce que c’est là que ça devient vraiment intéressant.
En France, le prix moyen de l’eau (distribution et assainissement compris) tourne autour de 4 euros le mètre cube. Un mètre cube, c’est 1000 litres.
Ces 35 000 litres économisés représentent donc 35 mètres cubes.
35 × 4 = 140 euros d’économies annuelles.
Et ce n’est qu’une estimation basse basée sur les tarifs moyens. Dans certaines régions où l’eau est plus chère, les économies peuvent atteindre 200 à 250 euros par an.
Pour un geste qui ne demande aucun effort. Aucun investissement. Aucun changement de mode de vie.
Juste appuyer sur le bon bouton.
Pourquoi personne ne nous a jamais expliqué ça ?
C’est la question qui revient systématiquement quand les gens découvrent cette information.
Comment se fait-il qu’on puisse utiliser quelque chose plusieurs fois par jour pendant des années sans savoir comment ça fonctionne ?
La réponse est simple : personne ne prend le temps de l’expliquer.
Quand vous emménagez dans un nouveau logement, est-ce que quelqu’un vous fait un briefing sur l’utilisation des toilettes ? Évidemment non.
Quand vos parents vous ont appris à utiliser les WC étant enfant, avaient-ils eux-mêmes connaissance de cette distinction ? Probablement pas.
Le résultat, c’est une ignorance collective qui se transmet de génération en génération. Et pendant ce temps, des millions de litres d’eau potable sont gaspillés chaque jour.
C’est absurde quand on y pense.
L’origine australienne d’une révolution silencieuse
Cette technologie que vous avez chez vous sans vraiment la comprendre n’est pas si récente que ça.
Elle a été inventée en Australie dans les années 1980.
Le contexte ? Une sécheresse historique qui frappait le pays depuis plusieurs années. Les réserves d’eau s’épuisaient dangereusement. Les restrictions se multipliaient. Il fallait trouver des solutions concrètes, rapides, applicables à grande échelle.
Les ingénieurs australiens ont alors eu cette idée apparemment simple : pourquoi utiliser la même quantité d’eau pour tous les types de besoins alors qu’ils ne nécessitent clairement pas le même volume ?
La toilette à double chasse était née.
L’efficacité fut telle que le gouvernement australien rendit rapidement ce système obligatoire dans toutes les nouvelles constructions. Les économies d’eau au niveau national furent spectaculaires.
Depuis, cette technologie s’est répandue dans le monde entier. Elle équipe aujourd’hui la majorité des toilettes modernes en Europe, en Amérique du Nord, et dans de nombreux autres pays.
Mais l’ironie, c’est que malgré cette diffusion massive, l’éducation à son utilisation n’a pas suivi.
Comment reconnaître le bon bouton ?
Si vous êtes en train de vous dire que vous ne savez plus quel bouton est lequel sur vos propres toilettes, pas de panique.
Les fabricants ont généralement prévu des indications visuelles pour vous guider.
Sur la plupart des modèles, vous trouverez :
Le petit bouton — souvent marqué d’une petite goutte d’eau, d’un demi-cercle, ou simplement plus petit en taille — correspond au petit volume d’eau pour les besoins liquides.
Le grand bouton — généralement représenté par une grande goutte, un cercle complet, ou une surface plus importante — déclenche le grand volume pour les besoins solides.
Sur certains modèles à boutons concentriques :
Le cercle intérieur (le plus petit) correspond au petit volume. Le cercle extérieur (ou l’anneau qui l’entoure) déclenche le grand volume.
Si vos toilettes ne présentent aucune indication visible, il existe un test simple. Appuyez sur chaque bouton séparément et observez la durée et l’intensité du flux d’eau. La différence est généralement très perceptible.
La règle d’or à retenir
Pour ne plus jamais vous tromper, voici la règle la plus simple à mémoriser :
Liquide = petit bouton. Solide = grand bouton.
C’est tout.
Pas besoin de réfléchir plus longtemps. Pas besoin de calculs compliqués. Cette simple association suffit à transformer votre impact environnemental et réduire significativement votre facture d’eau.
Certains utilisent un moyen mnémotechnique encore plus direct : petit besoin, petit bouton ; gros besoin, gros bouton.
L’important, c’est que ça devienne un automatisme. Après quelques jours d’attention consciente, le bon geste s’installe naturellement et vous n’aurez plus besoin d’y penser.
L’impact bien au-delà de votre portefeuille
Les économies financières sont évidemment un argument de poids. Mais l’enjeu dépasse largement votre facture d’eau.
L’eau potable est une ressource de plus en plus précieuse. Les épisodes de sécheresse se multiplient. Les nappes phréatiques s’épuisent dans de nombreuses régions. Le coût du traitement et de la distribution de l’eau ne cesse d’augmenter.
Chaque litre économisé compte.
Et quand on multiplie ces économies par le nombre de foyers équipés de toilettes à double chasse, le potentiel est colossal.
Imaginez si tous les Français utilisaient correctement leurs toilettes demain matin. Des milliards de litres d’eau seraient préservés chaque année. La pression sur nos infrastructures de traitement diminuerait. L’impact écologique serait mesurable à l’échelle nationale.
Ce petit geste quotidien, répété par des millions de personnes, devient un acte environnemental majeur.
Comment impliquer toute la famille
Si vous vivez seul, la mise en pratique est simple. Mais dans un foyer familial, l’enjeu est de transmettre ces bonnes pratiques à tous les membres de la maison.
Avec les enfants, transformez ça en jeu éducatif. Expliquez-leur le principe avec des mots simples. Montrez-leur la différence entre les deux boutons. Félicitez-les quand ils utilisent le bon. Les enfants adorent avoir un “rôle” dans la préservation de la planète.
Avec les adolescents, parlez-leur chiffres et impact. Cette génération est souvent très sensible aux questions environnementales. Leur montrer l’impact concret de ce geste simple peut créer une vraie prise de conscience.
Avec les adultes récalcitrants, l’argument financier fonctionne généralement très bien. Expliquez combien ce geste peut faire économiser sur l’année. Rares sont ceux qui restent insensibles face à des centaines d’euros potentiellement épargnés.
Les autres gestes qui font la différence aux toilettes
Puisque nous parlons d’économies d’eau dans les sanitaires, autant aller au bout de la logique.
Vérifiez régulièrement l’absence de fuites. Une chasse d’eau qui fuit peut gaspiller jusqu’à 600 litres par jour sans que vous vous en rendiez compte. Un test simple : versez quelques gouttes de colorant alimentaire dans le réservoir. Si la couleur apparaît dans la cuvette sans que vous ayez tiré la chasse, vous avez une fuite.
Ne jetez pas de déchets dans les toilettes. Mouchoirs, cotons-tiges, lingettes… Ces déchets nécessitent souvent plusieurs chasses pour être évacués, multipliant inutilement votre consommation d’eau.
Envisagez l’installation d’un économiseur d’eau dans le réservoir si vos toilettes sont anciennes et ne disposent pas du système double chasse. Ces dispositifs peu coûteux peuvent réduire votre consommation de 30 à 50%.
Ce qui va changer dès maintenant
Vous venez de passer quelques minutes à lire cet article.
Pendant ce temps, vous avez appris quelque chose que la majorité des gens ignorent encore. Vous avez compris un mécanisme que vous utilisez quotidiennement sans jamais l’avoir vraiment maîtrisé. Vous avez découvert le potentiel d’économies qui se cache derrière deux simples boutons.
La prochaine fois que vous entrerez dans vos toilettes — probablement dans quelques heures, peut-être moins — vous verrez ces deux boutons différemment.
Vous saurez lequel choisir.
Vous saurez pourquoi.
Et vous saurez que ce geste minuscule, répété des milliers de fois au fil des années, représente des centaines d’euros économisés et des dizaines de milliers de litres d’eau préservés.
Deux boutons. Une habitude à changer. Un impact qui dépasse ce que vous imaginiez.
La vraie question maintenant : allez-vous continuer à appuyer au hasard, ou allez-vous faire partie de ceux qui ont compris ?


